L’ère Nano

  • 11/06/2015
  • 15:30
Mot-clé :
  • Adecco Group

L’innovation en perpétuel mouvement dans les nanotechnologies crée de nouveaux besoins en recrutement dans la sphère de la santé.

Sophie Chanier, Life Sciences Practice Leader

L’actualité du secteur des Life Sciences est riche de nouveautés ! La médecine est un domaine particulièrement consommateur d'innovations technologiques, surtout lorsqu'elles mêlent le vivant à la matière. Ces dernières années, les nanotechnologies trouvent en médecine des pistes d’explorations prometteuses très diversifiées, permettant de nouveaux espoirs dans le domaine de la santé.

Discipline émergente, la nanomédecine se fait petit à petit une place, en ouvrant de nouvelles perspectives sur des enjeux clés : optimiser la délivrance du médicament en ciblant spécifiquement des tissus ou des cellules, mieux contrôler la pharmacocinétique, ou bien encore offrir des voies de détection précoce et précise des pathologies. Actuellement, la nanomédecine est utilisée dans plusieurs domaines comme le diagnostic, la thérapie (en oncologie) et la médecine régénérative (visant à régénérer des tissus voire des organes).

Alors que les nanomédicaments sont soumis aux mêmes contraintes réglementaires que les médicaments, les nanoparticules sont considérées, en fonction des pays, soit comme médicaments, soit comme dispositifs médicaux implantables de classe III. Cela oblige les sociétés de biotechnologies/medtech à rechercher des profils rares maitrisant les deux expertises pour définir la stratégie règlementaire à l’international.

En diagnostic, la miniaturisation permise par les nanoparticules et microsystèmes permet précocement dans une maladie, de capter, d’isoler et de mesurer des biomarqueurs. Sur le plan thérapeutique, les nanoparticules et plus précisément les nanovecteurs permettent de cibler les tissus malades en évitant tous les dommages collatéraux que l’on peut connaître en chimiothérapie, radiothérapie et chirurgie. On imagine aisément l’intérêt sur des zones difficiles d’accès, comme le cerveau par exemple.

Sur le plan cinétique, les médicaments classiques diffusés dans le sang n’atteignent pas toujours leur cible, et peuvent avoir des effets secondaires sur les autres organes. Des membranes nanoporeuses sont en étude pour encapsuler les médicaments et éviter une dilution sanguine non souhaitée pendant le transport. Autre idée en cours de développement en se servant des réponses immunitaires : attacher des nanobilles aux anticorps pour traiter les cancers, puis provoquer la mort de ces cellules par vibration.

En ophtalmologie aussi, la nanomédecine pourrait trouver des applications grâce à des micro-caméras reliées directement au nerf optique et jouant le rôle de la rétine. Les innovations technologiques vont assurément révolutionner la médecine de demain.

Cette riche actualité du secteur offre de nouvelles carrières à des profils justifiant d’une double compétence. Cette tendance se révèle être un renouveau nécessaire pour s’adapter aux perpétuels mouvements d’innovation de notre ère. En effet, plus que jamais, la complexité des problématiques auxquelles sont confrontés les acteurs nécessite désormais de justifier d’expertises pointues dans plus d’un secteur.