Les cadres dans l’industrie : une pénurie d’ingénieurs ?

  • 01/06/2013
  • 15:30
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Depuis plusieurs années, nous observons une croissance régulière du nombre de cadres dans l’industrie, marquée par une hausse du taux d’encadrement qui atteint 17% en 2012.

Cette augmentation s’explique par l’engouement pour les cadres des fonctions R&D, qui totalisent à elles seules 27% des embauches de l’industrie en 2012 ! 

Les profils expérimentés ont de plus en plus de succès, avec un tiers des embauches qui concerne des profils de cadres de plus de 10 ans d’expérience. Les postes de directeur d’usine, d’informaticien SAP ou d’ingénieur R&D sont spécifiquement concernés. Dans les PME, les dirigeants investissent particulièrement sur ces profils expérimentés qui représentent plus de 50% de leurs nouvelles recrues !

En effet, ces petites structures, faute de moyens et de budget à allouer à la formation, préfèrent choisir des profils opérationnels rapidement. Et, comme en 2012, un recrutement sur trois se fait dans les PME…

Aujourd’hui, l’avenir ne se « fabrique » plus dans les centres de production manufacturée, mais dans les centres de R&D et d’innovation.  On y recherche des ingénieurs hyperspécialistes avec des expertises à forte valeur ajoutée technologique. D’ailleurs, là encore, ce sont surtout les PME innovantes qui manquent d’ingénieurs, car elles sont sur des niches technologiques et ont besoin de matière grise pour se développer. 

Face à ce constat, les ingénieurs, longtemps attirés par le conseil et le management, retrouvent le chemin de l’expertise.  

Toutefois, comme ils ont été formés et préparés pendant des années à la gestion de projets et aux méthodes commerciales, sur certaines compétences techniques la carence est aujourd’hui réelle.  En l’occurrence, certaines branches sont de plus en plus pénuriques : on citera par exemple l’électrotechnique, l’optronique, l’instrumentation ou l’automatisation.
Ces experts intéressent notamment les secteurs de pointe qui innovent dans l’industrie, tels que l’aéronautique, le ferroviaire ou les métiers de l’énergie. 

Et l’ingénieur n’est plus cantonné à l’industrie ! Il est sollicité par tous les secteurs d’activité : ses compétences sont aussi indispensables dans les services, la finance, les technologies, et ce, de la conception à la fabrication, en passant par le management et l’organisation.

Dans ce contexte, et avec un taux de chômage des ingénieurs qui ne dépasse pas les 4% à l’heure actuelle, il est parfois difficile d’attirer les candidats. Sachez que l’ingénieur français s’exporte plutôt bien, et intègre facilement des entreprises qui internationalisent les équipes de leurs centres R&D.  Pour les entreprises, l'enjeu consiste à la fois à attirer les meilleurs candidats et à fidéliser leurs talents !

Par Emilie Dunoyer de Segonzac
Senior Consultant - Badenoch & Clark